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Des J.O écolos, possible ou douce illusion ?

jo écolo

Les JO de Paris 2024, c’est désormais terminé !$

Cette édition était la 3ᵉ française après 1900 et 1924. Sauf qu’il y a 100 ans, l’impact environnemental était loin de faire partie des préoccupations quotidiennes.

Paris a été sélectionnée grâce à ses infrastructures déjà existantes, mais aussi parce qu’elle s’est engagée à respecter l’Accord de Paris sur le climat, souhaitant ainsi entrer dans l’histoire en devenant la première édition véritablement écolo.

Célébrer le sport oui, mais à condition de ne pas endommager encore un peu plus notre planète, utopie ou projet réalisable ? On fait le point !

Les engagements écologiques des JO de Paris, rêve ou réalité ?

Les belles promesses du début

Dans l’objectif de s’aligner aux exigences de l’Accord de Paris, de s’adapter à la transition écologique et de limiter son impact environnemental, pour les JO d’été 2024, la capitale s’est engagée à organiser des Jeux à impact environnemental positif grâce à un partenariat avec le WWF France et à suivre autant que possible ses recommandations, qui sont les suivantes :

  • Réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux JO de Londres en 2012 en recourant à des modes de transport propres (vélo et marche) et à des constructions plus écologiques ;
  • Utiliser exclusivement les énergies renouvelables ;
  • Proposer des produits alimentaires de saison et 100 % certifiés ;
  • Rendre la totalité des sites accessibles soit en vélo, soit en transport en commun.

Des efforts insuffisants

Malgré ces douces promesses, il faut savoir que les engagements initialement promis ont finalement été revus à la baisse. Fini la neutralité carbone et des JO à contribution positive puisqu’on prévoit près de 1,58 million de tonnes d’équivalent CO2.

En revanche, malgré ce chiffre gargantuesque, celui-ci reste deux fois plus bas que ceux des JO de Londres en 2012 ou ceux de Rio en 2016.

Ensuite, il faut comprendre que les émissions ne sont pas réellement réduites, car la pollution est toujours bien là ; elles sont, en réalité, diminuées par un mécanisme de compensation carbone consistant à financer des projets de transition énergétique, tels que la Grande Muraille Verte pour le Sahara et le Sahel.

Petit tour dans le passé avec les précédentes éditions de JO

Les JO 2010 de Vancouver ont engrangé un maximum de revenus, mais côté environnement, on a pu faire le triste bilan d’émissions de gaz à effet de serre 8 fois supérieures à la normale durant l’événement (328 000 tonnes de CO2), principalement dues à l’avion pour s’y rendre et au transport de neige par camion et hélicoptère provenant des Rocheuses.

Ils avaient pourtant fait de nombreux efforts avec leurs constructions vertes, mais celles-ci n’ont pas suffi à faire face aux aléas climatiques.

Les JO d’hiver 2014 de Sotchi ont été, quant à eux, qualifiés de véritable catastrophe écologique et sont également entrés dans les annales pour avoir été les JO les plus coûteux de l’histoire, avec des espaces naturels entièrement décimés et la construction d’infrastructures colossales dans un lieu balnéaire inapproprié, et ce, pour seulement 2 semaines de compétitions !

Alors que Rio avait promis la neutralité carbone par la replantation d’arbres dans la forêt de Mata Atlântica pour ses jeux de 2016, seulement un cinquième des arbres ont été replantés.

Bien que l’aspect environnemental n’ait pas été complètement respecté, c’est surtout l’aspect humain qui a été géré de façon déplorable avec des milliers d’expulsions.

Point positif, l’empreinte écologique a été relativement bien chiffrée et a permis un bilan au plus proche de la réalité.

La Corée du Sud n’est pas en reste puisque pour les JO d’hiver de Pyeongchang en 2018, une forêt sacrée constituée d’arbres millénaires a été détruite pour y construire, à la place, une très utile piste de ski, très peu utilisée depuis mais coûtant néanmoins très cher en entretien.

Enfin, pour les JO d’hiver 2022, Pékin avait promis des jeux olympiques « verts » en respectant les enjeux climatiques. Pourtant, pour réaliser ses infrastructures, il a fallu :

  • Décimer des milliers d’arbres et détruire des réserves naturelles et des terres agricoles pour créer de l’espace pour les pistes de ski ;
  • Consommer des millions de mètres cubes d’eau et une grande quantité d’électricité pour la production de neige artificielle.

Des compétitions sportives écolos, est-ce vraiment possible ?

Soyons honnêtes, parce que les JO arrivent, on ne parle que d’eux, mais on peut étendre la problématique du respect de l’environnement à l’ensemble des compétitions sportives, que l’on parle du Tour de France ou de la Coupe du Monde, son alter ego version football.

Malgré une volonté de réduire l’empreinte carbone avec des projets tels que « Green Goal » et l’installation d’un toit photovoltaïque de 10 000 m² permettant de couvrir les besoins annuels en électricité de 450 foyers ou la mise en place des citernes de récupération d’eau de pluie, il n’en demeure pas moins que ces efforts restent franchement minimes puisqu’ils ne compensent pas plus de 5 % des réelles émissions générées par l’événement.

En effet, il faut comprendre que 80 % des émissions de carbone sont causées par les déplacements internationaux et plus précisément par les transports aériens.

On peut ainsi citer 2,8 millions de tonnes de CO2 pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud, et pas beaucoup mieux pour le Brésil en 2014 ou la Russie en 2018.

La Coupe du Monde 2022 au Qatar a, quant à elle, climatisé des douzaines de stades avec des dépenses énergétiques alarmantes et il aurait fallu installer près de 1 000 km² de panneaux solaires pour faire face aux exigences de climatisation, soit 1/10e du pays.

Alors, JO et environnement font-ils bon ménage ?

Pour résumer, on constate une véritable volonté des organisations de chiffrer le réel impact environnemental, on observe des solutions mises en place et des progrès incontestables, mais tout ceci reste profondément insuffisant et on constate inévitablement un gap énorme entre les promesses du début et la réalité.

Quoi qu’on en dise, l’argument écologique est davantage un axe de communication marketing pour les pays plutôt qu’une réelle priorité.

Le transport aérien reste le plus gros point noir de ces rassemblements sportifs internationaux, mais aucune solution n’est réellement mise en place, car qui dit visiteurs venus du monde entier dit argent qui entre dans les caisses, et c’est tout l’enjeu quand on se propose d’organiser de si gros événements.

La vraie solution, si vous aimez les JO autant que votre planète, c’est de les regarder à la télé depuis chez vous !

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Auteur/autrice

  • jonathan

    Je m'appelle Jonathan Wood, j'ai 35 ans, et j'ai passé la première moitié de ma vie à détester le sport. Tout a changé quand j'ai découvert l'aviron, une véritable révélation qui m'a ouvert les portes de la musculation et de toutes les formes de cardio possibles. Aujourd'hui, je vis une nouvelle jeunesse en partageant ma passion pour l'entraînement et le dépassement de soi.

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