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Pour 2024, le Paris est gagné
13/09/2017

Le sport français n’oubliera pas de sitôt la date du mercredi 13 septembre 2017. Elle prendra place en bonne position dans les pages les plus marquantes de son histoire. Un peu avant 13 h 00 en heure locale, au centre de convention de Lima, capitale du Pérou, Denis Masseglia, le président du CNOSF, et Anne Hidalgo, la maire de Paris, ont paraphé avec des gestes empreints de solennité le contrat de ville-hôte des Jeux de 2024. Quelques minutes plus tôt, les 85 membres du CIO présents à la 131ème session de l’organisation olympique avaient ratifié à l’unanimité, sans la moindre opposition ni abstention, par un vote à mains levées, l’attribution à Paris des Jeux de 2024 et à Los Angeles l’édition suivante.

Le résultat d’un siècle d’attente pour le sport français. Le dénouement, pour l’équipe parisienne, d’une campagne débutée deux ans plus tôt par le dépôt du premier des trois dossiers de candidature. Une campagne ouverte en réalité quelques mois plus tôt, le 12 février 2015, par la remise à Anne Hidalgo de l’étude de faisabilité préparée avec des soins d’artisan pour le mouvement sportif français sous la conduite de Bernard Lapasset et Tony Estanguet, les deux chefs d’orchestre du projet parisien.

A Lima, mercredi 13 septembre, Thomas Bach a évoqué une « journée historique » pour le mouvement olympique. Le président du CIO a suggéré une situation « gagnant-gagnant-gagnant », en référence à l’accord négocié par son organisation avec les deux villes candidates. Jamais, en effet, une élection n’avait livré un tel résultat, où le mot défaite n’a jamais été prononcé et la déception absente de la salle.

Paris a décroché l’organisation des Jeux à la date que son équipe de candidature avait en tête, la seule qu’elle a envisagée d’un bout à l’autre de la campagne, un siècle après les JO de 1924. Los Angeles s’est offert l’événement avec un délai plus long pour les préparer, une aubaine pour une organisation financée par des fonds privés. Quant au CIO, il s’est évité la tâche jamais facile de renvoyer l’une des deux villes chez elle les mains vides et risquer, à terme, de décourager les postulants.

Pour les deux équipes de candidature, la matinée du 13 septembre a coulé comme un long fleuve tranquille, sans la moindre angoisse ni crainte du mauvais sort. En guise d’ultime grand oral, une présentation de 25 minutes. Trois vidéos, huit intervenants. Paris 2024 a mélangé les genres avec subtilité. Dans l’ordre de passage au micro, Denis Masseglia, le président du CNOSF; Youssef Halaoua, un jeune chargé de mission au comité de candidature, d’origine tunisienne; Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France; Nantenin Keïta, la championne paralympique du 400 m aux Jeux de Rio 2016; Guy Drut, membre du CIO; Laura Flessel, la ministre des Sports; Anne Hidalgo, la maire de Paris; Tony Estanguet, le co-président du comité de candidature. Absent à Lima, Emmanuel Macron s’est exprimé via un message vidéo, en français et anglais. Le mouvement sportif et le monde politique. La jeunesse et l’expérience. L’histoire et la diversité.

« Aujourd’hui est seulement le commencement », a suggéré Tony Estanguet en conclusion de sa présentation. « Les Jeux seront un formidable accélérateur de développement », avait expliqué Valérie Pécresse à la veille du vote. « Maintenant, nous devons réussir ces Jeux sur le plan sportif, en doublant notre nombre de médailles », avance Denis Masseglia. Pour l’aviron français aussi, les Jeux de 2024 commencent aujourd’hui. La discipline pourra bientôt disposer d’un complexe olympique à Vaires-sur-Marne. Un outil pour l’avenir. Un plan d’eau pour briller.  

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